En Afrique de l’Ouest, la prévalence de l’épidémie est relativement stable au niveau de la population générale (entre 0,7 et 2%) mais reste élevée (jusqu’à 30%) au sein des groupes à risque tels que les travailleuses du sexe (TS), les homosexuels et les populations mobiles comme les routiers.
On note aussi une forte concentration de l’épidémie dans les zones transfrontalières et dans les agglomérations (capitale, zones minières, ville carrefour..).
Au Sénégal et en Guinée Bissau, les associations et ONG sont en première ligne dans la mise en œuvre d’actions de prévention et de prise en charge des personnes vivant avec le VIH. Les rares programmes ciblant spécifiquement les travailleuses du sexe restent généralement limités aux centres urbains et n’offrent pas des services de prise en charge globale et de qualité. Par ailleurs, ils laissent à la marge les prostituées clandestines et/ou occasionnelles.
La plupart des pays de l’Afrique de l’Ouest n’ont pas inscrit dans leur stratégie nationale de lutte contre le VIH/SIDA les homosexuels comme prioritaires. Et les interventions qui prennent en compte leurs besoins spécifiques sont marginales ou diluées.
Dans la région de Dakar composée des 4 départements de Pikine, Guédiawaye, Rufisque et Dakar, la demande d’intervention est forte. Ainsi par exemple, plus de 3200 TS ont été identifiées par Enda Santé mais les projets en cours (avec l’appui financier du Fonds Mondial contre le Vih/Sida et la Croix Rouge Luxembourgeoise) ne permettent pas de répondre à cette demande.
L’appui de la Mairie de Paris y contribuera.
La vulnérabilité au VIH des groupes marginalisés est exacerbée par le rejet, la stigmatisation et des lois répressives qui nuisent leur accès à une information de qualité, à l’éducation sexuelle et aux services de soins et traitement. Ainsi, si la prostitution est une activité légale au Sénégal quand les personnes l’exerçant sont majeures et se déclarent auprès des services de l’Etat, celles qui ne le font pas font l’objet de rafles policières parfois violentes.
Par ailleurs, l’homosexualité est interdite au Sénégal.